Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 23:09
Il ne faut jamais être tout à fait certain de sa prise.



Par attourabachir - Publié dans : attourabachir
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /2009 00:00

Restez fleurs sève dans les tiges
Restez enfants sang dans les veines
Ne naissez pas maintenant
Vous appartiendriez à l'immonde
Vous ne feriez que des nœuds
Qui rallongeraient la chaîne en déroute
 
Attendez l'agonie de la génération
Ne vous fiez pas à son délire
Laissez-la mourir
Puis naissez du néant
Bâtissez de vos vierges esprits
Votre propre monde
Retracez la carte de la Terre
N'y mettez pas de frontières
Et parlez la langue humaine.

Par ATTOURA Bachir - Publié dans : attourabachir
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /2008 00:00

Où sont elles?
Les voix toutes agaceries de mes enfants
Où est celle
Toute gronderie de leur père?
 
Qu’elles reviennent 
Me délivrer
Rompre ce silence suffocant
M’emplir de vie
Je trépasse
 
Qu’abritera cette tente vide?
Quelle soif apaisera cette jarre
Débordante d’eau limpide?
Qu’illuminent ces bougies
Qui luttaient contre les ténèbres
Dévoilaient nos visages évadés
Quand la nuit se répandait
Obscure?
 
 
Après vous
Tout n’est que désert
Mon existence s’avère
Inutile
 
Vous m’avez quittée
De vos chevelures
Chères filles
Que ma main a l’envie folle de s’y plonger
De tes timides joues
Petit garçon
Qui sous mes réprimandes rougissaient.
De tes bras braves
Mari fidèle
Qui m’enlaçaient
M’emplissaient de courage
Quand s’annonçait proche le passage
Des bêtes sauvages
Possédées par la rage
De déguster le sang des innocents.
Je le savais.
Tu étais né pour mourir martyr.
 
Vous m’avez quittée
De vos corps
Du charnel.
Vos âmes immortelles
Vivent en moi-même
Planent sur cette terre.
Elles y resteront
Tant qu’elle existe.
 
 
 
 
J’ai commis l’erreur de croire
Que tout qui parle
Que tout qui pense
Se nomme humain.
 
J’ai commis l’erreur de naître
Confiante
Naîve
A tel point de soulever la colère
De la réalité
Qui violemment me gifla un jour
Et d’un geste diabolique
Etala devant moi
des camps en sang
 
Une terre en feu
Des femmes
Des enfants
Eventrés
Egorgés
Une horreur
 
Impossible de les compter
Les larmes aveuglaient
Les extrémités des rangées
Se perdaient au-delà de l’horizon
 
Un paysage macabre
Un massacre
Un coup dur et impitoyable
A l’humanité
A son abîme
 
 
 
 
J’ai commis l’erreur de m’enfuir
D’abandonner mes petits.
En mon savoir les guerriers ne tuent pas les enfants
Mais quels guerriers?
 
Des monstres qui détiennent l’art
De faire d’un sommeil une mort
Enfonçant leurs poignards
Dans la chair encore naissante
Des enfants qui rêvent
 
Les éventrés
Avant de sombrer
Vivent le cauchemar
Exprimé chez les uns
Par un «maman»
Un «papa»
Lancé d’une voix angoissée
Dans l’espoir que l’habituelle et tendre main
Vienne les dorloter
 
Exprimé chez les autres
Par de petites mains implorantes
Tâtonnantes dans le noir
A la recherche
De qui les délivre
 
Souriez enfants
Vous être vivants
Dans l’autre monde
Le vrai volet de la vie
Le berceau de la paix
De la justice
 
 
 
C’est moi qui suis morte
Seule ici-bas
Parlez-moi
Dites que l’acier de l’autre jour
N’était que chatouillement
Qu’aucune trace de balle
N’existe sur la poitrine de votre père
Dites de vos voix vagabondes
De là-haut : nous contemplons la terre s’achever !
Encouragez-moi  je vous en prie !
Pour que je vous rejoigne !
 
Non ne le faites pas !
Attendez !
Patientez que je replante vos âmes
Que j’enfante vos vengeurs
Qui feront éclore la liberté
Telle la beauté d’une fleur
De laquelle s’exhale
Le parfum de votre sang.

Par ATTOURA Bachir - Publié dans : attourabachir
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /2008 00:00

   
  
  Il  est  des évènements qui surprennent, bousculent l’habitude et nous poussent tout d’un coup à agir et penser autrement, à abandonner pour un moment nos espoirs et nous remettre au hasard. Heureusement que l’oubli et le retour progressif de l’enthousiasme nous remettent quelques temps après sur les rails de l’ordinaire, à l’exception de ceux qui déraillent définitivement.
   En ce vendredi 06 juin, juste après le coucher, la terre a tremblé à Oran ; cette ville qui venait d’être dévastée par une semaine d’émeutes ; elle s’affairait à panser  ses déchirures. Jamais auparavant, Oran ne m’a semblée aussi meurtrie, aussi pitoyable.
   En ce vendredi, il y avait un match de football que tout le pays attendait. Chacun y percevait la victoire et se préparait à ne pas rater cette rare occasion d’applaudir, de se rafraichir en jouissant d’une enivrante satisfaction et sombrer dans un bonheur dont le caractère éphémère n’ôte rien à ce moment d’euphorie.
    Je ne me doutais pas que le Séisme venait…il se remua quelque part sous Oran, à quelques minutes de la fin du match dont l’intérêt devint tout un coup insignifiant devant l’ampleur de l’évènement.
   Habituellement je ne bouge pas de ma place quand la terre tremble. J’ai peut-être à l’idée qu’il est impossible de prendre de vitesse  la fatalité ; ou bien les secousses vécues auparavant n’étaient pas aussi fortes pour ébranler mon courage et ma fierté ; ou bien les maisons ne devaient s’affaisser que sur les autres.
   Cette fois, je n’étais pas chez moi. J’avais fui les embêtements des enfants et m’étais rendu chez ma sœur dont l’appartement se situe au premier étage d’un bâtiment qui en compte cinq. Ici, me suis-je dit, je suis loin de toutes les tracasseries ; ici personne ne viendra m’appeler ; c’est en de pareils moments que les gens sans goût aiment déranger.  Mais nul n’est à l’abri de tout. Nul ne peut tout prévoir. Parfois, nous nous surprenons en train de nous moquer de nous-mêmes quand nous observons les résultats de nos calculs et prévisions.
   La terre bouge ! Mon neveu s’écrie : « ezzenzla ! ezzenzla ! ». Je préfère ne pas traduire le mot, il perdrait son sens.  Ezzenzla, déluge, malheur, punition  divine, gravité, fatalité… « Séisme » aurait sonné plus scientifique, explicable, tendant peu à peu vers la logique. Mais sa résonnance aurait le même sens dévastateur  dans le pays qui a donné naissance à ce mot.
    Ezzenzla ! Mohamed, mon neveu, est déjà dehors. J’hésite .Tout tremble dans la pièce, un cadre se détache du mur et se brise sur le sol. Un signe inquiétant. Je suis déjà dans le palier des escaliers empli par l’écho des cris inutiles des femmes ; elles semblent  avoir rassemblé  toutes leurs souffrances et craintes pour s’en alléger en cette circonstance.
    Nous sommes tous dans le parking de voitures. Sauvés ! Nous sommes devenus un véritable « nous », curieusement unis, gagnés par la même crainte de mourir. Nous n’avons pas d’ennemi humain ; les voisins fâchés se parlent, les femmes qu’on ne voit jamais sont là, la plupart des gens ont les pieds nus, personne ne s’en soucie ! Ezzenzla ne fait pas de différence et ne semble nullement injuste. Tout le monde est là dans le parking : les pauvres, les riches, les hommes, les femmes, les enfants, les beaux, les laids, les intelligents, les bêtes ! il nous arrive même à penser que nous sommes tous égaux, et à repenser nos rêves et espoirs.
   Le caractère imprévisible d’Ezzenzla fait qu’elle peut nous surprendre n’importe où : dans une voiture, dans un café, dans une douche, au travail ; endormi, en train de diner, de plaisanter, de rêver…elle crée en un clin d’œil mille et une histoires.
   Sofiane, un mordu de la moto, beau garçon, blond, cheveux longs, une barbichette toute naissante enjolive son menton. Il s’adonna sans précaution à sa passion et fut victime d’un grave accident qui lui paralysa les deux jambes. Il s’apprêtait à se rendre le lendemain aux assurances pour se faire rembourser. Il se trouvait à l’intérieur de la mosquée quand la terre trembla. Il continuait à pleurer durant des heures après l’évènement, il s’était retrouvé seul à l’intérieur de la mosquée après que tous les fidèles l’aient quittée. Il ne s’était jamais senti, depuis son accident, aussi amoindri. La précipitation de la foule lui avait fait perdre ses béquilles, il essayait de rejoindre la sortie en rampant mais en vain. Heureusement, Ezzenzla l’épargna.
  La Carroua, un rocher qui tient son nom de sa forme carré, a la particularité d’affronter les fortes vagues quand la mer se déchaine ; c’est là où Kader et son ami Bakhti pêchaient. Quand j’étais  jeune, j’y passais des nuits entières  en solitaire. Comme je le faisais autrefois en ce même endroit, ils avaient attendu la tombée de la nuit pour capturer les crabes dont la lumière des torches paralyse. Ils s’en serviront pour appâter les poissons. Comme je le faisais autrefois en ce même endroit, Kader et bakhti ont lancé leurs lignes et attendent l’arrivée du premier banc de sars qui ordinairement passent quand la nuit noircit…
    La Carroua tremble, vacille ; l’eau frissonne, bouillonne. Derrière les deux pêcheurs, une partie de la falaise se détache, dégringole ; Kader saute dans l’eau de peur d’être atteint par l’éboulement mais une grosse pierre, comme animée par un ordre formel d’Ezzenzla, le poursuit jusqu’au fond de la mer et le coince sans lui laisser la moindre chance de regagner la surface. Bakhti a préféré se cacher dans un de ces trous où je m’abritais autrefois quand il pleuvait. Il se demande s’il n’était pas mort, il ne voit que noirceur mais entend le bruit de la mer. Les vagues, poussées par Ezzenzla, mordent à pleines dents au bout de terre qui a bouché l’entrée du refuge, comme pour le sauver. Bakhti, de l’intérieur, tente de trouver une issue en tâtonnant avec sa canne à pêche. Un bout de lumière. Il s’en sort. Il renait. Le dehors n’est que vagues et poussières blanches donnant à la nuit un visage désolé. Il pense à son ami, ses yeux s’emplissent de larmes…
    Ezzenzla a provoqué en moi des remous, J’ai laissé tomber tous les projets qui m’empêcheraient de mener une vie simple.  Je ne regretterai que les moments  passés sans m’avoir permis d’en arracher une pincée de bonheur. Et quand ça me tente de rêver grand, je repenserai à Ezzenzla.

Par ATTOURA Bachir - Publié dans : attourabachir
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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /2008 00:00

 

  La fête de l’Aid-El-Adha  symbolise le sacrifice. Abraham était prêt à sacrifier son fils, un enfant qui étonna par sa compréhension et son obéissance, exécutant l’ordre de Dieu. Sa foi lui permit de juger que son acte était nécessaire puisque l’exigence avait émanée du Tout-Puissant. La religion d’Abraham se voulait source de justice, de liberté et d’amour ; c’est pourquoi le sacrifice ne lui sembla pas disproportionné.

   Pensons à nos enfants, tout ensemble ; mettons-nous, tout ensemble dans la situation où se retrouva Abraham. Peut-être, n’aurions-nous pas, tout ensemble, pris la même décision. Nos différences nous auraient…différenciés. J’ai aimé insérer ici cette supposition pour mettre en évidence le caractère individuel du sacrifice d’Abraham.
   Et c’est ce caractère individuel qui doit dominer aujourd'hui. Ne me reprochez pas la comparaison entre l’ère d’Abraham et la nôtre, car la justice, la liberté et l’amour demeurent les mêmes en tout lieu et tout temps. Chacun de nous doit donc faire individuellement des sacrifices pour que ces valeurs règnent et enfantent un environnement qui sera dans le pire des cas vivable.
 
   Que chacun de nous sacrifie sa subjectivité, ses penchants parfois fantaisistes, et accepte tout ce qui est juste. Que chacun de nous se soustrait aux pouvoirs qu’exercent sur lui ses semblables moyennant divers intérêts qui, en aucun cas, ne peuvent égaler sa liberté. Que chacun de nous profite du moment de répit de son égoïsme pour aimer et aider son prochain. Que chacun de nous se libère des raisons qu’il se fait pour abandonner ceux qui se trouvent dans le besoin, arguant parfois qu’ils méritent leurs sorts, et qu’il est même un péché de venir à leur secours. Commettons ce beau péché !
   Utopique ! Pensons alors, au moins, à un petit bout de sacrifice ; un petit plus qui nous déclouera de notre comportement présent, qui nous fera avancer ne serait-ce que d’un iota et nous mettra sur une voie carrossable qui nous mènerait vers un monde meilleur.
   Utopique ! Ne désespérons pas, si notre environnement nous emprisonne et nous aveugle. Que chacun de nous sacrifie les idées et les sentiments qui lui sont si chers et qui l’empêchent de croire que la justice, la liberté et l’amour font le bonheur humain.
 
Saha Aidkoum ! (Bonne fête!)  

Par ATTOURA Bachir - Publié dans : attourabachir
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