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Pseudo: ATTOURA BachirCatégorie: Littérature, poésieDescription:
Poèmes et nouvelles
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Vendredi 21 Novembre 2008
  
    Après le sortir du travail, je préfère souvent aller regarder la mer. j'ai l'impression que j'ai en face le néant et que le monde ordinaire et derrière moi. Je me rends toujours au même endroit, sur les Falaises, là où j’ai habité pendant dix ans, là où je fus habité par la passion de la pêche et l'amour du silence.
    L’eau se trouve à cent mètre au dessous. Je connais tous les rochers : Pédregal, Piedra jardina, Piedra Plana, Barco, Ferrati, El Hadjra Touila, El Hadjra El Alia, Piedra Lanchova, etc.
    Je connais tous les vents : Al gharbi, Echergui, El bahri, Terra, Misserghine, Canastel, etc.  Je connais les humeurs des poissons : le sar qui adore la houle, la daurade qui se plait dans les eaux paisibles et les ports, la saupe, cette herbivore qui bouillonne près des rochers verdâtre à la tombée de la nuit, etc.
    Et c’est de là, que j’assiste aux couchers, j’aime regarder le soleil disparaitre derrière la montagne en hiver, et s’éteindre dans la mer en été.  Les pêcheurs qui semblent vieillir tôt, descendent et montent, empruntant un sentier serpentant le flanc de la falaise. Que de fois ai-je pris le même chemin !
    Je viens depuis plusieurs jours sans pouvoir accéder à cet endroit. Je dois pour y parvenir traverser une autoroute où la circulation est abondante. Mon mal de jambes m’en empêche, la maudite crampe risque de me coincer en pleine traversée. Je reste un bon moment de ce coté, hésitant, la crainte d’être heurté par une voiture dépasse la tentation de voir mon bout de mer. Je quitte tristement les lieux, réalisant que pour être heureux il suffit d’être en bonne santé.
publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir
Mercredi 19 Novembre 2008
   
  Tu évoque l'aube au moment où j'ypense. Ne crains rien, le jour fermera l'oeil et ne se lèvera qu'après le fin de notre rêve.
  L'aube, ce moment que nous passons dans les ventres de nos mères quelques jours avant de voir le jour. 
  L'aube, ce souvenir immédiat auquel on aime revenir quand nous repousse et nous blesse l'exagéré éclat matinal.
  L'aube, cet abandon du champ de bataille par la nuit vaincue qui reviendra le soir, fortifiée, enterrer le soleil.
  L'aube, premiers chants des oiseaux; rosée de cristal sur les herbes, retournements machinaux des paresseux dans leurs lits défaits
  Tu évoques l’aube…à quelques heures de l’aube. Ne crains rien, nous enfermerons en nous le soleil pour qu’il fasse toujours nuit autour de nous…
publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir
Mercredi 01 Octobre 2008

Aid moubarek à tous les bloggeurs et les lecteurs de dzblog.

publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir
Mardi 08 Juillet 2008

     Quand nous commençons à croire que l’espoir s’éloigne et que nous gagne la certitude de ne jamais pouvoir réaliser nos aspirations, notre vie prend l’image d’un champ d’errance sans paysage ; une ile de sable que l’eau submerge impitoyablement jour après jour.

     Le champ ne cessera de se rétrécir, nos moyens de défense nous trahissent.  Seul , penserons-nous un coup de chance ou une providence  nous sauveraient . Mais il est rare que le hasard se manifeste pour arranger de telles situations, il risque de compromettre les lois qui le font intervenir au moment où l’on attend le moins. Il risque de se retrouver esclave de nos souhaits.

     Le cercle continue donc, fatalement, à se rétrécir jusqu’à nous anéantir, nous faire pénétrer en nous même, comme pour  libérer nos âmes. Est-ce le salut ? Non. L’adversité nous poursuit jusqu’aux confins de  l’intime, nous déloge de notre refuge. Les larmes aux yeux, des proches accourent, foncent dans l’eau, nous tirent  de notre noyade et insufflent en nous le désir de tenter la vie encore une fois.

     Je dégaine donc  mon arme pour continuer à avancer, mais il me semble qu’il est plus facile de la retourner contre moi-même que de la pointer sur mon adversaire ; un ennemi de taille : un monde qui s’animalise. Un adversaire qui fera de mon honnêteté  un délicieux plat pour ses tricheurs. Il fera de mon amour une moquerie pour ses pierres de glaces que renferment des poitrines alléchantes  par leur robustesse et leurs rondeurs.  Il fera de mon sourire une faiblesse dont ses tyrans se nourrissent et puisent  leur force. Une bataille perdue d’avance.

     Cependant, je continuerai à vivoter.  Car il me semble que le désespoir totale n’existe pas, il persiste toujours  quelque part en nous  un vouloir de lutter encore. Je serai, me console-je, du bon coté de l’immense pièce de monnaie que Dieu mettra à la fin dans l’Enfer.  J’assisterai de mon coté face aux tortures des gens qui m’auront fait souffrir.  Le feu ne m’atteindra qu’après leur disparition et me dévorera à l’abri de leurs yeux crevés. C’est cela mon paradis.

publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir
Vendredi 20 Juin 2008
J’ai pris ce matin le sentier
Le sentier jadis inconnu par la garde
Le sentier qui maintes fois me mena
A ta prairie cette tendre verdure
Le sentier qui serpentait
Tabous et interdits
Qui évitait le mauvais œil
Les langues tranchantes
Le sentier complice
De nos cœurs déboussolés
De notre noble folie
 
                 Il a pris herbes et épines
                 Et mousse a couvert
                 Ses pierres plates et lisses
                 Qui nous servaient
                 Sans nulle avarice
                 La tiédeur accumulée le jour
 
Une fleur a poussé
A l’endroit où nos cœurs roucoulaient
Sous le regard timide
De nos lèvres muettes
Une fleur plus douce à caresser
D’une main hésitante
Et à peine osée
              Plus éclatante
              Plus attirante
              Que tout qui n’est pas toi.
publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir
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