

Aid moubarek à tous les bloggeurs et les lecteurs de dzblog.

Quand nous commençons à croire que l’espoir s’éloigne et que nous gagne la certitude de ne jamais pouvoir réaliser nos aspirations, notre vie prend l’image d’un champ d’errance sans paysage ; une ile de sable que l’eau submerge impitoyablement jour après jour.
Le champ ne cessera de se rétrécir, nos moyens de défense nous trahissent. Seul , penserons-nous un coup de chance ou une providence nous sauveraient . Mais il est rare que le hasard se manifeste pour arranger de telles situations, il risque de compromettre les lois qui le font intervenir au moment où l’on attend le moins. Il risque de se retrouver esclave de nos souhaits.
Le cercle continue donc, fatalement, à se rétrécir jusqu’à nous anéantir, nous faire pénétrer en nous même, comme pour libérer nos âmes. Est-ce le salut ? Non. L’adversité nous poursuit jusqu’aux confins de l’intime, nous déloge de notre refuge. Les larmes aux yeux, des proches accourent, foncent dans l’eau, nous tirent de notre noyade et insufflent en nous le désir de tenter la vie encore une fois.
Je dégaine donc mon arme pour continuer à avancer, mais il me semble qu’il est plus facile de la retourner contre moi-même que de la pointer sur mon adversaire ; un ennemi de taille : un monde qui s’animalise. Un adversaire qui fera de mon honnêteté un délicieux plat pour ses tricheurs. Il fera de mon amour une moquerie pour ses pierres de glaces que renferment des poitrines alléchantes par leur robustesse et leurs rondeurs. Il fera de mon sourire une faiblesse dont ses tyrans se nourrissent et puisent leur force. Une bataille perdue d’avance.
Cependant, je continuerai à vivoter. Car il me semble que le désespoir totale n’existe pas, il persiste toujours quelque part en nous un vouloir de lutter encore. Je serai, me console-je, du bon coté de l’immense pièce de monnaie que Dieu mettra à la fin dans l’Enfer. J’assisterai de mon coté face aux tortures des gens qui m’auront fait souffrir. Le feu ne m’atteindra qu’après leur disparition et me dévorera à l’abri de leurs yeux crevés. C’est cela mon paradis.

