Présentation

attourabachir

Pseudo: ATTOURA BachirCatégorie: Littérature, poésieDescription:
Poèmes et nouvelles
Recommander ce blog
Jeudi 27 Décembre 2007
-- Si ! Il y a une relation, voyons ! Vous étiez assis dans un coin, seul dans la nuit. Vous pensiez à quelque chose. Vous aviez à l’idée sans doute les personnes qui sont mortes dans la forêt ces derniers jours. Vous les connaissez ; vous vous demandiez qui pourrait être l’assassin. Seul un fou oserait commettre de tels crimes. Et le seul fou du village était Yatim. Il ne parlait à personne, il passait les dernières semaines qui précédèrent sa mort au cimetière ; comme pour préparer sa dernière demeure. Comme s’il voulait hâter sa fin. Ordinairement la folie est libératrice : alors, il aurait été certainement atteint par l’impitoyable cruauté d’un un bref moment de lucidité…Et puis tout le village sait que les victimes étaient des parents de Yatim. La femme était sa mère, l’homme son- beau père, et le blessé son oncle maternel. Tous les habitants savaient que ces gens ont fait beaucoup souffrir leur enfant qui, tellement acculé, se refugia dans la folie. Mais nul n’admettait qu’il reviendrait de l’au-delà pour se venger. Vous ne l’admettiez pas mais croyiez fermement que justice serait fait. Mais comment ? Clac ! Vous courrez à votre piège pour prendre le gibier. Il n y était pas. Mais au lieu de penser qu’un animal aurait effleuré le piège causant son déclic sans se faire prendre, tu eus une hallucination comme explication, résultant de ton tenace vouloir de connaitre la vérité. Ta personne était dans un état apte à voir Yatim vivant et même l’entendre te parler…C’est la seule interprétation que je peux te donner.
-- Merci Cheikh, dit Said en se levant, je m’excuse de vous avoir dérangé, je dois rentrer maintenant.
-- N’y repensez plus ! Et sache que tout qui ne laisse pas de trace n’existe pas.
En sortant, Said se retourne et lance au Cheikh :
-- Je crois que je n’ai à aucun moment pensé à Yatim, juste avant le curieux évènement.
-- Et comment pouvez-vous vous rappeler, vous étiez bouleversé.
-- Peut-être ! dit Said, en quittant le Cheikh
 
 Minuit. Après une dernière hésitation, il prend son fusil, le dissimule sous sa djellaba et se dirige vers la forêt. Il doit prendre toutes ses précautions pour que personne ne puisse le voir. Ainsi, au cas où il se trouve contraint de se servir de son arme, nul ne pourra témoigner contre lui.
Il a rarement utilisé son fusil. Il n’aime pas la chasse car il lui a toujours semblé qu’en tuant le plus méchant des animaux il chasse une âme d’un corps. Il la met à nu. Il a juré quand il l’avait acheté de ne s’en servir que pour se défendre. Et ce serait peut-être le cas aujourd’hui. Cela dépendrait du comportement du fantôme.
Quand Said, le chasseur, était venu lui parler du revenant, il y a une semaine, Cheikh Abdelhakim avait la certitude qu’il ne s’agissait que d’une pure hallucination. Maintenant le doute le gagne de plus en plus ; beaucoup de gens en parlent, jurent d’avoir vu Yatim. Abdelhakim a horreur de vivre dans le doute. C’est pourquoi il a décidé de vérifier par lui-même la véracité des dires. Il avait laissé le temps aux autorités d’agir ; les résultats de leurs recherches furent vains ; l’espoir d’élucider le mystère s’amenuisait, la peur et l’angoisse s’installèrent aux alentours.
Avant de pénétrer dans la forêt, Abdelhakim jette un ultime regard sur le village. Tout y semble calme, paisible, mais terne. Une expression de crainte et d’inquiétude s’en dégage. Il repousse cette sorte d’adieu qui voulait s’exprimer et s’enfonce dans les broussailles. A cet instant commence l’exécution de son plan de recherche. Il doit trouver des réponses à toutes les questions qui se posent. Qui s’imposent.
Si Yatim a été vu en différent endroits et par plusieurs personnes il est donc vivant ; à condition que les témoignages soient sincères, ce qui est invérifiable. Abdelhakim se dirige tout d’abord vers le cimetière qui longe la forêt. Arrivé près de la tombe de Yatim, il s’agenouille et l’observe. Rien d’anormal. Il sait que ce qu’il fait est absurde mais il tient à passer par cette étape. Il espère trouver une trace pour le guider sur les pas du fantôme.
Il retourne à la forêt. « C’est certainement quelqu’un qui ressemble à Yatim qui sème la terreur. Mais qui ? ». Son esprit s’égare dans un labyrinthe d’hypothèses frôlant l’insensé. « Si seulement je le vois comme les autres ». Un arbre tremble brusquement, un frisson le parcourt, il se retourne rapidement vers le coté d’où venait le bruit, le doigt sur la détente. Ce n’était qu’un sombre oiseau qui venait de s’envoler.  Il l’entrevoit se confondre avec la couche du léger brouillard. Plus rien ! Le silence se réinstalle. 
Il s’adosse au tronc d’un arbre, un coin dont la tiédeur venait d’on ne sait où. «  De cet endroit je peux tout dominer, je ne bougerai pas d’ici jusqu’au matin ; et si rien ne se manifeste, tout ce qu’on raconte n’est que mensonge.     
Abdelhakim sursaute. Rien. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive. Il se réveille en sursaut chaque qu’il se surprend en train de s’endormir. Se servant de ce qui lui reste de force, il repousse l’idée de rentrer chez lui. Le goût de l’inachevé l’irriterait. «  Je ne m’endormirai pas, je ne m’endormirai pas ». En répétant cette expression, il ne se rend pas compte qu’il est en train de sombrer.
Il sent que quelque chose lui a effleuré la main. Il rouvre brusquement les yeux. Il ne peut faire aucun geste. Le tueur l’a déjà désarmé. Abdelhakim fixe son propre fusil de chasse retourné contre lui. Les deux méprisables trous du canon braqué sur sa poitrine sont prêts à cracher le feu. Il ne les a jamais regardés en face, sinon il aurait su combien ils ressemblent aux narines de la Mort. Impossible donc d’échapper la bête. Il lève les yeux lentement, désespérément. Il dévisage l’homme qui le cloue au tronc d’arbre. Il ressemble drôlement à Yatim. Mais c’est Yatim lui-même ! Tout se brouille dans la tête du vieil homme : son plan, ses calculs, ses hypothèses. Seules lui apparaissent nettes et claires, les visages des victimes de ce meurtrier dont il se retrouve présentement prisonnier.
  A suivre...
publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus