
A partir du jour où tu m'as accroché
Je te sens te faufiler la nuit dans mon lit
T’emparer de mon gouvernail
Me secouer
Agiter mes tréfonds
Déchiqueter le voile de mon abîme
Laisser déferler toute ma lourdeur
Encre sombre et généreuse
Sur la blancheur des pages dociles
Qu'on renonce poésie
A nos rencontres muettes
Que chacun aille chez les siens
Rompre son silence
Je n'aurais pas souhaité
Qu'on se sépare poésie
Si tu ne t'étais pas manifesté
En plein jour
Partout tu me coinces
Dans une salle de bain
Au fond d'un café
Sur le siège d'un bus
Sur un trottoir
Au bord de la mer
Au bord de la folie
Et quand mes lèvres remuent
Pour te cracher
Ou les tiennes remuent
Pour me cracher poésie
Les passants nous fixent
Moqueurs
Me blessent
Te blessent
Et chacun de nous vomit l'autre
Qu'on renonce poésie
A nos rencontres muettes
Que chacun aille chez les siens
Rompre son silence.
publié par ATTOURA Bachir dans: attourabachir